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01/03/21 - La PAMPA, "Plateforme d’Activités Mutualisées des Producteurs Auvergnats" (VALTOM)

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01/03/21 - La PAMPA, "Plateforme d’Activités Mutualisées des Producteurs Auvergnats" (VALTOM)

Par Maxime FRITZEN

vendredi 26 février 2021

Maxime FRITZEN est Responsable prévention des déchets au VALTOM, syndicat de valorisation et de traitement des déchets ménagers du Puy-de-Dôme et du nord de la Haute-Loire. Il nous présente la "Plateforme d’Activités Mutualisées des Producteurs Auvergnats" (PAMPA).

PF21 : Au-delà de ce bel acronyme, PAMPA, quelle est donc cette « Plateforme d’Activités Mutualisées des Producteurs Auvergnats » à laquelle est associée le VALTOM ?
Maxime Fritzen : Il s’agit d’un service de consigne et de réemploi des contenants en verre à destination des producteurs locaux en circuits courts. En fait, le projet est beaucoup plus que ça : il combine plusieurs objectifs, en réponse aux besoins qu’ont exprimés les producteurs, mais aussi les commerçants qui distribuent leurs produits et les consommateurs qui les achètent. Il vise à créer une filière pour le réemploi des contenants en verre, mais aussi à développer des activités mutualisées dans un esprit coopératif (centrale d’achat, logistique…), les circuits courts agricoles, l’insertion et l’économie locale, dans une optique de transition socio-écologique du territoire.
Fin 2020, les nombreux producteurs, distributeurs et consommateurs associés au projet ont créé une association : la PAMPA, « Plateforme d’Activités Mutualisées des Producteurs Auvergnats ». Et c’est un autre adhérent de la Plate-forme 21, l’association Macéo, qui assure le pilotage et la coordination du projet pour ce collectif.

PF21 : Quel est le territoire du projet ?
M.F. : C’est celui qui conditionne sa viabilité économique, c’est-à-dire, celui qui s’inscrit dans un rayon de 200 km autour de Clermont-Ferrand.

PF21 : Comment le projet de PAMPA a-t-il été initié ?
M.F. : Tout est parti d’un constat : on s’est aperçu que sur dix bouteilles en verre collectées après usage, trois finissaient dans le bac des déchets ménagers destinés à l’incinération ou à l’enfouissement, malgré les containers mis à disposition pour les collecter.

PF21 : Vous avez donc voulu remettre ces 30 % de verre rejeté sur le droit chemin du recyclage ?
M.F. : … plus précisément sur le chemin du réemploi, car il s’agit d’éviter les coûts de recyclage du verre, en optant pour le recyclage de la valeur d’usage des contenants. Le réemploi des contenants, si l’on reste dans la limite des 200 km de rayon préconisés par l’ADEME, permet d’économiser 70 % d’énergie primaire par rapport à un recyclage par refonte du verre. Ce n’est pas rien !

PF21 : Comment êtes-vous passé de l’idée du réemploi du verre à celle de la valorisation des circuits courts ?
M.F. : En 2017, l’Association pour le développement de Monnaies Locales dans le Puy-de-Dôme (ADML63) avait fait faire une étude qui avait montré qu’il serait intéressant d’un point de vue économique, social et environnemental, de créer une consigne et un réemploi des contenants en verre (bocaux, bouteilles, pots) dans le département.
Nous avons décidé d’approfondir le sujet au VALTOM, étant chargés de la mise en œuvre du dispositif national « Territoire Zéro Déchet Zéro Gaspillage » (TZDZG). Nous nous sommes associés à Macéo pour mener une étude plus poussée. Cette étude a clairement montré que l’activité de consigne et de réemploi, seule, n’était pas rentable si on voulait la développer sur tout le territoire du VALTOM, jusqu’en Haute-Loire. Il nous fallait donc réfléchir autrement le projet, ce que nous avons fait avec la FRCivam, la Fédération Viticole du Puy-de-Dôme, Bio63, l’association Avenir, la Chambre de métiers du Puy-de-Dôme. Nous avons abouti à l’idée de lier l’activité de consigne et de réemploi du verre à une plateforme logistique de produits en circuits courts, de manière à mutualiser la logistique avec d’autres activités et ainsi, d’en optimiser les coûts.

PF21 : Depuis, comment le projet se concrétise-t-il ?
M.F. : En janvier 2018, l’association « Avenir » a ouvert à Riom, un atelier d’insertion de bionettoyage de bocaux, pots et bouteilles à gros goulots. Elle a ainsi pu compléter son activité initiale de nettoyage de gobelets en plastique réutilisables. Les contenants en verre sont collectés chez les exploitants agricoles, mais aussi dans des commerces qui proposent un système de consigne à leurs clients. Ils sont ensuite traités dans l’atelier (suppression des étiquettes, lavage, séchage), avant d’être restitués aux producteurs pour une nouvelle utilisation… et la boucle est bouclée !
En deux ans de fonctionnement, l’atelier est passé de 8 à 16 salariés en insertion et a triplé le nombre de contenants traités. Nous recherchons maintenant des fonds pour mener à bien la deuxième partie du projet : la création d’une plateforme à Saint-Germain-Lembron, qui permettra de stocker les achats mutualisés. Nous souhaitons y installer un deuxième atelier de bionettoyage adapté aux contenants à petits goulots (bouteilles de bière et de vin) et peut-être aussi, aux fûts des brasseurs locaux.

PF21 : Pourquoi Saint-Germain-Lembron ?
M.F. : Depuis 2016, cette commune accueille chaque année un festival, la Chope du Lembron, qui promeut le savoir-faire artisanal des microbrasseries auvergnates. On y trouve d’ailleurs la malterie des Volcans, qui fournit du malt local. La commune se situe également en pleine zone AOP viticole. La maire de la commune est très motivée par le projet, tout comme l’agglo Pays d’Issoire dont dépend la commune. Tous deux sont membres du Conseil d’administration de la PAMPA.

PF21 : Justement, quels sont les prochaines étapes en 2021 pour cette PAMPA ?
M.F. : Il est prévu de conduire des études technico-économiques et des études de marché, de monter un Business plan, de déposer des demandes d’investissement. Des solutions d’optimisation logistique vont être expérimentées, en vue d’une mise en place au deuxième semestre 2021. Ces expérimentations associent 5-6 distributeurs et une dizaine de producteurs : des viticulteurs, des artisans confituriers, des brasseurs.
De nombreux points sont encore à trancher : l’intérêt ou pas d’uniformiser les contenants pour simplifier le nettoyage ; le choix de la colle à utiliser pour les étiquettes, sachant qu’elles doivent à la fois avoir une bonne tenue et être faciles à enlever lors du nettoyage ; les conditions de stockage du verre collecté et le rythme de collecte. _ Plusieurs questions se posent aussi quant au mode de consigne : celle-ci doit-elle être volontaire et non monétarisée, ou payante ? Et si elle est payante, doit-elle l’être sous forme de bons en monnaie locale (la Doume) ou d’autres types de bons ?

PF21 : une phase de communication peut-être, pour amener de nouveaux acteurs potentiels dans la filière ?
M.F. : En 2021, nous avons prévu des actions de sensibilisation et de communication à destination des consommateurs, des distributeurs et des producteurs. Il nous faut aussi mobiliser de nouveaux partenaires, notamment des opérateurs logistiques et des collectivités. Nous cherchons actuellement un partenaire qui puisse prendre le relais de l’association « Avenir » pour collecter le verre et trouver dans cette activité le moyen de renforcer son activité première. Cela peut intéresser des porteurs de projets en reconversion d’activités, des centres de tri, des projets agricoles ou des entreprises qui cherchent des solutions pour ne pas faire tourner leurs camions à vide.

PF21 : Que peut faire la Plate-forme 21 pour soutenir ce projet ?
M.F. : Elle peut nous aider en parlant du projet autour d’elle, notamment auprès des collectivités, car à terme, nous souhaiterions réunir les acteurs publics et privés au sein d’une SCIC (Société Coopérative d’Intérêt Collectif) pour porter l’offre de service de consigne et de réemploi. C’est un enjeu très important.
La Plate-forme peut aussi nous aider à faire savoir à nos collègues des services de l’Etat, que nous sommes intéressés par toute information sur des appels à projets qui nous permettraient de financer le développement du projet.
Comme je l’ai dit précédemment, nous recherchons un partenaire logistique pour prendre le relais logistique de l’association « Avenir », aussi, si des entreprises veulent intégrer le projet dans cette optique, nous serons ravis d’étudier la question avec elles.
Enfin, quand le projet sera un peu plus avancé, il sera très intéressant de le soumettre aux « regards croisés » qu’organise la Plate-forme 21. Cela permettra de recueillir le ressenti et l’analyse des différentes catégories d’acteurs, pour évaluer notre action et dégager des pistes de solutions, des idées d’améliorations ou de partenariats.

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L’ASSOCIATION PAMPA
L’association regroupe plusieurs partenaires engagés dans le soutien aux producteurs et dans un développement économique soucieux de durabilité : FR CIVAM, Bio 63, l’ADML 63, l’association Avenir, Macéo, VALTOM, la commune de Saint Germain Lembron, l’agglomération du Pays d’Issoire, des brasseurs, des artisans, des distributeurs...

POUR EN SAVOIR +
• Contact infos générales : contact@pampa-auvergne.fr

• Contacts à l’attention des producteurs :
- Si vous souhaitez passer à la consigne : collecte@pampa-auvergne.fr.
- Si vous souhaitez tester les achats mutualisés de la PAMPA : achats@pampa-auvergne.fr

• Contact à l’attention des distributeurs qui souhaitent devenir points de collecte :consigne@pampa-auvergne.fr

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